Je n'ai pas le temps...
Comme le souligne Bruno Frappat, nous avons tous le même temps, 24 heures par jour.
Mais ce qui varie suivant chacun, c'est ce qu'il met dans son temps.
L'impression de ne pas avoir le temps, parce qu'on a beaucoup de choses à faire, et la plupart du temps des contraintes extérieures à nous-mêmes (travail, relations sociales, familiales, vie quotidienne avec tout ce que cela suppose), et donc le sentiment que le temps nous échappe. Pas le temps de se poser, les activités s'enchaînent, et quand enfin tout est accompli, la fatigue nous gagne.
Prendre son temps, ce serait choisir le moment et la durée pour ce qui est à accomplir, et surtout ce que nous voulons accomplir. La retraite offre cette possibilité, et pourtant, la plupart des retraités dits actifs se plaignent aussi de manquer de temps, parce qu'ils ont choisi trop d'activités et que cela leur prend tout leur temps.
Et à côté de cela, il y en a qui s'ennuient, qui trouvent le temps long, parce qu'ils ne savent pas comment remplir leur temps, manque d'intérêt ou de curiosité, et vide de l'esprit comme du temps.
On voit que c'est bien une question de caractère et de décision personnelle, de son propre regard sur ce temps, de la façon dont on l'aborde et ce qu'il représente pour nous.
Une réflexion similaire m'a été faite sur le sujet de l'argent : « je n'ai pas l'argent pour... »
Tout dépend de vos priorités, ce que vous faîtes avec votre argent.
Bien sûr, il y a les « pauvres » ceux qui n'ont pas assez pour seulement assurer les besoins basiques de la vie courante, payer son loyer et ses charges et se nourrir par exemple.
Mais tous les autres ?
Ce qui suffit pour certains, pour assurer les dépenses de base, dirons-nous, est loin de suffire pour d'autres qui ont un train de vie différent. Mais chacun se plaint de n'avoir pas assez. Le superflu est devenu du nécessaire. La publicité médiatique fait tout pour créer des besoins qui n'en sont pas.
Si l'on a l'habitude d'aller au ski, par exemple, et que les revenus sont insuffisants pour cela, on va dire qu'on manque. Or ce n'est pas le cas, le ski étant un loisir accessoire, et non essentiel pour la vie. Mais pour les habitués, c'est devenu « nécessaire » !
J'avais pris l'habitude, et je l'ai transmise à mes enfants, de toujours me poser la question, avant d'acheter quelque chose : « en ai-je envie ou réellement besoin ? ». Suite à cela, de prendre le temps de la réflexion, d'éviter tout achat compulsif, lié à une envie du moment, une sollicitation commerciale poussant à ce faire. Bien souvent, ces envies s'éteignent vite, et on ne regrette pas de n'y avoir pas cédé. Beaucoup d'économies sont ainsi faites.
La question, pour le temps comme pour l'argent, est donc de bien choisir, de remettre en question ses valeurs si on n'y trouve pas son compte. C'est souvent une question d'organisation, de gestion, d'étude consciente pour choisir en connaissance de cause. Planifier permet de libérer l'esprit et facilite ensuite la vie, car il ne faut pas oublier qu'il peut se présenter des imprévus, dans l'usage du temps comme dans celui de l'argent, et que c'est déjà bien suffisant. Il est donc préférable d'avoir bien prévu le reste. C'est une maîtrise qui n'est que partielle mais qui facilite la vie.
Ensuite c'est dans l'esprit qu'il faut accomplir cette même organisation afin d'aborder les choses, y compris les imprévus, sans se démonter, sans être dépassé, mais avec calme et efficacité.
Pour cela comme pour le reste, notre façon d'aborder les choses est donc essentielle. Ne vous laissez pas dépasser, regarder, prenez votre temps, réfléchissez et décidez en connaissance de cause.
Et surtout, ne pouvons-nous pas, enfin, perdre cette fâcheuse habitude de nous plaindre, de n'être jamais satisfaits ? Changeons ce qui peut l'être et tâchons d'en être heureux.