Comment s'exprime notre volonté ? S'agit-il réellement d'une nécessité vitale, ou de nos seuls désirs, de nos envies ou d'une vraie volonté issue d'une réflexion et d'un choix de vie ?
Voilà une question que vous ne vous êtes peut-être pas posée.
Quelle marge de manoeuvre avons-nous par rapport à cette volonté ?
La volonté première des hommes primaires répondait à cette seule nécessité vitale, se nourrir, se protéger, survivre du mieux possible. Sans doute, aussi, se reproduire.
Mais aujourd'hui nous sommes bien au-delà de la satisfaction de ces simples besoins.
Notre volonté est illusoire :
L'amélioration des conditions de vie a étendu cette volonté à la satisfaction d'autres « besoins », en les étendant à des domaines divers. De nos jours, dans la société de consommation à outrance, la publicité se charge de nous créer sans cesse de nouveaux besoins, illusoires mais la plupart du temps non contrôlés. Nous agissons souvent, en effet, par réflexes conditionnés, sans vraiment réfléchir. Nous croyons « avoir besoin », et donc « décider » alors que tout a été fait pour nous amener précisément là. Une réflexion approfondie nous aurait pourtant vite fait comprendre notre erreur.
Notre volonté est conditionnée :
Réprimée dans notre jeune âge, pour que s'exerce celle des adultes, et pas toujours dans le sens d'une éducation bien menée, mais souvent l'expression de la supériorité d'une volonté sur une autre, elle se manifeste parfois violemment à l'adolescence, dans l'agressivité et la violence, ne croyant pas à d'autres façons d'être reconnue. Faut-il en justifier pour l'exercer ?
La formation et l'apprentissage de la vie mettent en place une autre forme de volonté supérieure à l'individu : le respect des règles, des lois, toujours la volonté d'un homme ou d'un groupe sur l'ensemble des autres.
A l'intérieur de toute structure, il y a un « règlement intérieur », ce dernier devant protéger l'ensemble et assurer le bon fonctionnement au sein du groupe. Les abus ou les débordements, ajoutant de petites règles supplémentaires au profit de quelques-uns existent pourtant. L'abus étant l'obligation d'adhérer au règlement ou d'être exclu de la structure, même si nous avons besoin de l'intégrer par ailleurs. C'est une façon de « forcer la main », d'obliger à l'obéissance contre son vrai choix, contre sa propre réflexion, parce qu'il n'y a pas d'autre issue.
C'est aussi le cas au sein de la société elle-même.
La démocratie : vous votez, vous élisez une personne que vous ne connaissez que par ce qui a été dit, par elle ou d'autres – ce qui est bien léger au regard de la confiance que vous lui accordez en votant pour elle – et ensuite vous devez vous pliez à ses choix, même si ce ne sont pas les vôtres. Vous n'avez plus voix au chapitre puisque vous avez voté ! N'est-ce pas une belle façon de museler votre volonté. Et les campagnes électorales nous montrent à quel point nous sommes les dindons de la farce. C'est aussi le résultat de l'alternance, puisque à chaque session la majorité bascule, et d'un côté et de l'autre, éternellement trompée et insatisfaite.
Notre volonté est conditionnée aussi par des pulsions, des réactions instinctives, des orientations qui se manifestent sans que la réflexion nous ait amenés à une décision.
Nous ne sommes pas les maîtres de notre destin. Nous allons où le vent nous pousse, et nous faisons face aux tempêtes comme nous le pouvons.
Alors, qu'est-ce que nous voulons vraiment, et comment exercer cette volonté ?
On pourrait penser en premier lieu au bonheur : chacun veut être heureux.
Mais aussi à la santé et au bien-être, qui contribuent au bonheur.
Sans doute aussi à un certain confort matériel, l'absence de soucis, de souffrance.
Au moment « d 'entrer dans la vie » en tant qu'adulte, la volonté serait de pouvoir exprimer et réaliser son choix de vie : le lieu géographique où l'on veut vivre, le genre de vie, le travail, les activités et les fréquentations, etc.
Qu'en est-il ? On se débat pour étudier, se loger, trouver un travail, tant bien que mal, pour naviguer au milieu de cette société sans trop savoir comment s'en sortir. Il faut du temps pour arriver à une certaine sécurité et un certain bien-être, pour la majorité d'entre nous, et encore tout cela est-il bien aléatoire. Seulement une élite priviliégiée réussit à réaliser certains de ses choix, mais sans garantie de bonheur.
Mais plaçons-nous sur un autre plan : la santé.
Chacun veut être en bonne santé. C'est bien naturel en somme.
Pourtant, on consomme bien des produits nocifs pour notre santé, avisés ou non, on fume tout en sachant que cela nuit gravement à la santé, etc. Alors ?
Où s'exprime notre volonté quand nous disons vouloir être en bonne santé ?
Pourquoi n'agissons-nous pas totalement en accord avec ce choix ?
Sommes-nous si influençables que cela ? Je crois bien que oui, et c'est la mine d'or pour un commerce qui vend plus des illusions que des produits sains.
Le nombre de malades augmentent et dit-on, on va manquer de médecins. Alors, nos médecins guérissent-ils vraiment les malades ou les entretiennent-ils en tant que « clients » en même temps que « patients »... car il faut être bien patient pour guérir.
L'argent, le profit, aurons presque toujours raison, quoi qu'on puisse penser, sur nos choix ou sur ceux qui nous sont imposés.
Alors, je vous invite à un peu d'introspection pour faire le tour de la question et essayer d'y voir clair à ce sujet.
Il ne s'agit pas d'imposer notre volonté aux autres, mais d'avoir des choix réfléchis et d'essayer de les mettre en pratique, parce que c'est notre vie propre.
Et la seule règle qui devrait s'imposer à tous est le respect et la non-nuisance, alors notre volonté peut-elle se permettre d'être un peu égoïste !